Humides est un projet de peinture ancré en territoire ligérien, depuis les marais bretons vendéens jusqu’aux basses vallées angevines, qui se conclura par la constitution d’un corpus de formats monumentaux. Après une première apparition en gestation au Rayon Vert, cette série sera exposée du 20 juin au 24 août 2025 à l’Abbaye Saint-Florent-le-Vieil puis du 20 septembre au 7 décembre au MAT à la Chapelle des Ursulines.
Cette série de peintures donne son nom à cette exposition et lui sert de fil conducteur en confrontant des travaux récents à d’autres plus anciens ; retraçant les liens unissant étreintes humaines et proliférations végétales dans une rétrospective d’oeuvres produites ces cinq dernières années.
« D’une manière générale, le marécage est un lieu idéal pour s’égarer. Dans les récits de genèse, où l’élément liquide épouse l’élément aérien pour donner naissance à la fange sacrée, les marais sont emblématiques du trouble de cette rencontre : enveloppés de brume, ils facilitent la grande désorientation. Leur symbolique est liée à la stagnance, l’incertitude de la boue et les paluds de végétaux pourrissants. […] A contrario, l’homme a aussi conçu des refuges dans ces vastes bourbiers fumants, des zones protégées ou des zones de protection : écosystèmes à la vie grouillante, les marais sont des terrains fertiles qui abritent une vie diversifiée. Aujourd’hui, ils sont souvent considérés comme des espaces repères pour analyser la progression des changements climatiques.
Tous ces aspects imprègnent la fascination d’Alice Suret-Canale pour ce motif persistant dans son œuvre. Ces paysages font en outre écho à la qualité de ses surfaces picturales, traversées de brillances et de petites coulures, résultat des embus d’huile.
En soi, peindre est humide. »
Extrait du texte d’Eva Prouteau, critique d’art, avec le soutien de Réseau d’Artistes en Pays de la Loire. 2025